Alexandre-Joseph Oliva, fils de Bonaventure Oliva, potier, et de Marie Blanc, naquit à Saillagouse le 4 septembre 1823. Il fut potier comme son père jusqu'à l'âge de 20 ans à Lavelanet dans l'Ariège, dans l'entreprise familiale. Parallèlement à son métier, Alexandre Oliva s'amusait à sculpter des Madones et autres figures attirant l'attention de quelques personnes de Lavelanet. Il était également amateur de musique, faisant partie de la Société Philharmonique de Lavelanet en 1843. Cette même année, il préparait son exposition de Foix où il envoya un tabernacle et un Christ, les têtes de Voltaire, Jean-Jacques Rousseau et Jean de La Fontaine. Le 17 octobre 1844, Alexandre Oliva obtint du jury une médaille d'argent pour son travail. Le 24 octobre 1944, Il fut incorporé au 2ème Hussards, à Béziers. Grâce à son talent reconnu de sculpteur, Alexandre Oliva parvint à se faire réformer le 15 décembre 1845.

Peu après, en 1846, Alexandre Oliva partait pour Paris afin de se mettre au service du sculpteur Antoine Etex. Leur collaboration ne dura que quelques mois. En effet, en 1847, Alexandre Oliva rentrait dans l'atelier du peintre Jean-Baptiste Delestre, qui lui enseigna, non la sculpture, mais le dessin. A cette époque, il fit également la connaissance du jeune sculpteur Henri-Frédéric Iselin. Ce fut sans le secours d'aucun maître qu'Alexandre Oliva apprit à modeler et à sculpter. N'appartenant à aucune école, autodidacte, il ne tarda pas, après quelques tâtonnements, à dégager sa vigoureuse originalité.

Alexandre Oliva a fondé sa réputation par ses bustes en marbre et en bronze dont le nombre est considérable. Parmi les bustes qu'il a exposé, on cite : Mgr Parisis, évêque de Langres (1849) ; La reine de Hollande (1850) ; la révérende mère de Javouhey (1852) ; Napoléon 1er et Charlemagne en plâtre ; Rembrandt en bronze, au Musée du Luxembourg (1853) ; M. Albert Rigaux ; l'abbé Deguerry (1855) ; Mgr Gerbet, évêque de Perpignan, le P. Ventura de Raulica, deux des œuvres les plus complètes de l'artiste ; Mme Henri Lemoine (1857) ; Le général Bugeau, pour le Musée de Versailles ; le R. P. Liberman, en bronze ; M. de Mercey ; M. Daude (1859) ; François Arago, pour le Musée de Versailles ; le lithographe Engelmann ; Etienne, de l'Académie française ; le P. Eustache Sapicha (1861) ; M. A. Fould ; M. de Villèle ; M. Lefuel, architecte (1863) ; Cherubini, pour le conservatoire de musique (1864) ; Richard Cobden, pour le Musée de Versailles (1866) ; Mme Joubert, terre cuite (1867) ; Buste d'une jeune fille (1868) ; Napoléon III pour le Vaudeville ; le prince des Asturies (1869) ; Napoléon III ; l'Impératrice Eugénie (1870) ; Colbert ; Saint Vincent de Paul (1872) ; Le baron Silbert (1874). Il convient de citer encore, en dehors des expositions : les bustes de Pellisson, au Musée de Béziers ; René Caillé ; Dom Brial ; Collin d'Harleville, au Théâtre français (1868) 1 ; M. H. Lehmann ; Mme A. Fould ; Mlle Alice Fould ; quatre bustes gigantesques dans le pavillon Denon, au palais du Louvre : Philibert Delorme ; Nicolas Poussin ; Jean Goujon ; Gérard Audran (1867), etc.

Alexandre Oliva a également exécuté un grand nombre de statues : Saint Charles Borromée à Porto (Portugal) et le B. J.-B. de la Salle, deux statues gigantesques en marbre ; le Message, en marbre, dans la cour carrée au Louvre (1861) ; la statue en bronze de François Arago (1865) à Estagel ; Saint François Régis pour les Dames de la retraite ; Après le premier péché, groupe (1867) ; La Vierge (1868) ; l'abbé Deguerry, statue en marbre, à l'église de la Madeleine à Paris (1872), l'œuvre magistrale d'Oliva ; l'hydraulicien Cordier, pour un monument funéraire à Béziers (1872) ; l'élégante statue du prince des Asturies (1874).

C'est vers 1861 qu'Alexandre Oliva fit la connaissance de Jean-Antoine Injalbert. Cette fréquentation confirme au jeune Injalbert sa passion pour la sculpture. Les deux artistes resteront amis toute leur vie.

Indépendamment de six médailles de diverses classes, obtenues à la suite d'expositions, de 1852 à 1863, Alexandre Oliva a été élevé au rang de Chevalier de la Légion d'honneur par décret du 29 juin 1867 2. Dès lors, Alexandre Oliva n'a pas cessé de produire. On peut citer notamment : Frère Philippe (1875), buste en marbre ; Sainte Thérèse, buste marbre ; Saint Vincent de Paul (1875) ; Don Alphonse XII, roi d'Espagne (1876), buste marbre ; le cardinal Guibert, archevêque de Paris, buste marbre ; Mlle E. P., buste marbre (1877) ; Maréchal de Mac-Mahon (1879), buste marbre ; Dumont d'Urville, buste en marbre (1879) ; l'Hiver (1880), buste marbre, qui figura à l'Exposition universelle ; M. Bouis (1880) 8 ; Monseigneur de Pompignac, statue en marbre à la cathédrale de Saint-Flour (1881) ; François-Hubert Debrousses (1881), buste 8 ; Mlle J.T. (1881), buste 8 ; Amiral Pâris (1882), buste en marbre ; M. Chevreul (1883), buste en marbre ; Ferdinand de Lesseps (1883), buste en marbre ; Dom Bernard de Montfaucon (1884) ; M. P. Boiteau (1884), buste 8 ; Mme D. (1885), buste 8 ; Mélodie (1886), buste mi-statue, le cardinal Lavigerie, buste en marbre (1887) ; L'Immaculée-Conception ou Vierge immaculée, groupe (1887), son œuvre capitale, statue de trois mètres placée dans l'église de Banyuls-sur-Mer.

Alexandre Oliva a également participé au retable du chœur de l'ermitage Notre Dame à Font-Romeu. Au-dessus du panneau central, s'ouvre la niche de la madone, sculptée en marbre blanc d'Italie par l'artiste en 1868 et placée le 2 juillet 1873 3, 10.

Alexandre Oliva a également réalisé les œuvres suivantes : M. Vialar, curé de la Réal, buste en plâtre (1846) ; statuette de Mlle Lacroix ; statuette de M. Vergers ; La République, buste en plâtre (1848) 12 ; statuette de François Arago (1865) 12 ; statuette d'Abd el-Kader ; statuette de l'archevêque de Paris mort sur les barricades (1850) ; des médaillons avec les bustes de Hyacinthe Rigaud, du maréchal de Mailly, des généraux Dugommier et Dagobert (1850) ; Mme Jouffroy ; le docteur Cazalas 4; Tacite (Caius Corneilius Tacitus), buste en plâtre ; le général d'Hautpoul, buste en marbre ; le général Bizot, buste en marbre ; Monseigneur Gerbet mort (1867) 5, 12, Pierre Talrich 11 , buste ; La Foi, statue pour l'Opéra Garnier à Paris; Anne-Robert-Jacques Turgot, statue pour la façade de l'Hôtel de Ville de Paris 6, Pierre Gratiolet, buste 7, M. J. Bouis, chimiste (1876), M. Juncas, ancien percepteur à Perpignan 12Citons encore d'Oliva quatre cariatides : le Printemps, l'Été, l'Automne et l'Hiver décorant une maison du boulevard Saint-Michel. Il a obtenu une première médaille à l'exposition universelle de 1889. Cette même année, il a sculpté la statue en bronze de François Arago, érigée quelques années plus tard à Paris, place Arago 11.

Alexandre Oliva meurt le 22 février 1890 en son domicile 17 rue Denfert-Rochereau à Paris, emporté par une congestion cérébrale. Son buste en bronze, élevé sur un obélisque en marbre blanc d’Italie et lui-même reposant sur un socle en marbre rose des Pyrénées, se dresse sur la place publique de Saillagouse. L'œuvre a été réalisée par le sculpteur Jean-Baptiste Belloc. Ce monument fut inauguré le 31 août 1902 9. En savoir plus sur ce monument →

Buste d'Alexandre-Joseph Oliva Alexandre Oliva, par lui-même

Buste en bronze d'Alexandre Oliva,
réalisé par Jean-Baptiste Belloc.
© A. THIBAUT

Alexandre Oliva, par lui-même.
Dessin extrait de "La Veu del Canigó", 1911.

   
Alexandre Oliva - Atelier Nadar
Le sculpteur Oliva, mort à Paris le 22 février
Gravure de Dochy d’après dessin de Vuillier
Le Monde Illustré 1718, 1er mars 1890.
 

Alexandre Oliva - Atelier Nadar

Alexandre Oliva par Victorien Antoine Bastet

Alexandre Oliva - Atelier Nadar
Photographie positif sur papier albuminé
d'après négatif sur verre ; 8,5 x 5,8 cm
©Bibliothèque nationale de France,
département Estampes et photographie,
FT 4-NA-235
Buste d'Alexandre Joseph Oliva,
réalisé par Victorien Antoine Bastet,
terre cuite, 1884.
©http://victorien-bastet.com
   
Alexandre Oliva - Pijolin
Alexandre Oliva d'après Thomas Pijolin
 

Distinctions : médaille 3ème classe 1852 et 1855 (Exposition Universelle), rappel 1857 et 1859, médaille 2ème classe 1861, rappel 1863, Logo légion d'honneur1867.

Dans ces sculptures Alexandre Oliva a remis au goût du jour une technique consistant à indiquer la prunelle des yeux par une excavation de la bulle, rendant au regard toute sa vie et toute la vérité de son caractère propre. Beaucoup de sculpteurs du XIXème siècle ont imité par la suite l'artiste.

Alexandre Oliva a également été vice-président de la Société des artistes libres.

Quelques œuvres du sculpteur sont présentées ici (statues) et (bustes).

Enfin il est à noter qu'Étienne Oliva, neveu d'Alexandre Oliva, fut un grand artiste céramiste et le sculpteur Gabriel Faraill a été l'élève d'Alexandre Oliva.

Des poètes locaux ont évoqué dans leurs textes des œuvres d'Alexandre Oliva. Pour en découvrir quelques uns, cliquez ici

Biographie en partie réalisée d'après Le Dictionnaire de biographies roussillonnaises de l'abbé Jean Capeille (1872 - 1934), publié en 1914 et avec application de correctifs.
1 Source : d'après base La Grange, base de données de la Comédie française.
2 Source : d'après base Léonore, base de données des dossiers des titulaires de l'Ordre national de la Légion d'honneur, cogérée par le service des Archives nationales et le ministère de la Culture et de la Communication.
3 et 9 Source : d'après base Palissy, base de données sur le patrimoine mobilier français, cogérée par le ministère de la Culture et de la Communication et la direction de l'Architecture et du Patrimoine.
4 Source : d'après le Journal des Pyrénées-Orientales sur une période allant de 1846 à 1850 ainsi que l'année 1873.
5 Source : d'après base Arcade, base de données cogérée par le service des Archives nationales et le ministère de la Culture et de la Communication.
6 Source : d'après "Les statues de l'hôtel de ville" par Georges Veyrat - 1892.
7 Source : d'après La Semaine des Familles, Alfred Nettement (dir.), 1865.
810 et 11 Source : d'après le Grand Dictionnaire universel du XIXème Siècle de Pierre Larousse.
12Source : d'après Catalogue raisonné des objets d'art et d'archéologie du musée de Perpignan, par M. Crouchandeu,... - 1884